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Gender Gap dans les Sciences au Japon – Norika Osumi

 

 

 

 

 

 

Publié le 09 décembre 2018

 

La place des chercheuses en Sciences au Japon

par Norika Osumi


Traduit et commenté de l’anglais « Japan’s woman problem » de la Revue « Nature Index » de Mars 2018 trouvable en ligne ici.

Si vous voyez des erreurs – corrections – complément-s à apporter faites signe !

Les liens en bleu sont cliquables et envoient vers des lectures complémentaires.

Attention cet article parle des sujets suivants : inégalité de genre / binarité homme-femme 


 

Le « Gender Gap » (notre « plafond de verre » dû au genre) japonais dans les domaines technologiques, ingénierie et mathématiques (ce qu’en anglais on appelle les « STEM ») est toujours énorme.

Le livre blanc 2017 du Bureau du Cabinet Japonais sur l’égalité des sexes rapporte seulement 10,2 % de femmes chercheuses en ingénierie. C’est à peine mieux en Sciences (14,2%) et en agriculture (21,2%). Si on regarde tous les champs de recherche (dont les sciences sociales) seulement 15,3 % des chercheureuses sont des femmes, soit environ la moitié de la moyenne des pays de l’OCDE.

Les publications comportent en général un-e autrice-auteur principal-e, avec des co-autrices-auteurs. Les femmes au Japon sont significativement sous représentées dans les publications prestigieuses, sur des articles de 2008-2016 dans 54 des 68 journaux listés dans l’Index Nature. L’Islande a le plus haut taux des 144 pays listés.

Les « fuites dans les pipelines » (lorsque les femmes abandonnent avant d’avoir obtenu une carrière durable) sont globalement omniprésentes partout dans les STEM.

Aux Etats-Unis, une enquête de 2011 montre que 52 % des PhD (doctorantes) en neurosciences sont des femmes. Mais ce chiffre tombe à 44 % pour les postdoctorantes (contrats jusqu’à 5 années après le Doctorat) et 29 % en université (enseignement).

Ces chiffres sont pires au Japon, si l’on regarde les adhérent-es de la Société Japonaise de Neurosciences.

Une enquête de 2017 montre que seulement 32 % des membres étudiant-es sont des femmes, et que pour les membres non-étudiantes on est seulement à 20 %.

La sous représentation des femmes dans la force de travail en STEM semble prendre son origine à l’université. Le système primaire et secondaire scolaire supporte de manière égale les genres, et on observe pas de différence significative dans les résultats des élèves de 12 à 15 ans en maths et sciences (selon l’enquête Programme for International Student Assessment).

Mais à l’Université, les biais sur les femmes en STEM, qu’on appelle « Rikejo » ce qui peut se traduire vaguement par « femmes scientifiques » commencent. Beaucoup de parents et d’enseignant-es pensent que les filles qui suivent le chemin du Rikejo auront moins d’opportunités d’emploi… et relationnelles (personnelles).

Ce biais (et mythe) s’étale partout dans le recrutement à l’université. Les chercheurs hommes s’inquiètent du fait que le recrutement de femmes puisse conduire à désavantager leur équipe dans ce milieu très compétitif des publications et d’obtention de fonds. L’opposé, cependant, peut être vrai (c’est-à-dire que cela peut au contraire avantager l’équipe d’avoir des femmes, selon les politiques d’action).

Un rapport Elsevier publié en 2017 au Sommet du Genre de Tokyo a identifié le Japon comme seul pays où le score de publication par chercheur-ses universitaire pendant les années 2011-2015 était plus haut pour les femmes que pour les hommes.

Les femmes Japonaises publient en moyenne 1,8 papier sur la période, ce qui est 38 % de plus que les hommes (avec 1,3 papiers).

C’est peut-être une anomalie statistique due aux chercheuses peu nombreuses. Cela peut également être dû au fait que les chercheurs (hommes) occupent plus les postes senior, avec plus d’administratif sur leur temps de travail. Une autre explication suggérée par Reiko Kuroda, une chimiste et ancienne membre du Conseil pour la Science, Technologie et Innovation est que les femmes japonaises en science sont exceptionnellement performantes.

Reiko Kuroda

Lorsque Norika Osumi est entrée à l’université, son-sa superviseur-se l’a prévenue qu’elle aurait à faire deux fois plus de travail qu’un homme pour obtenir une carrière académique similaire. L’occupation des postes par des hommes improductifs jouerait peut-être également un rôle dans la productivité supérieure des femmes en science.

Le plafond de verre ne peut pas être brisé tant que nous ne changeons pas de culture au travail, particulièrement dans les sciences et les technologie, où travailler pendant de longues heures dans son labo est considéré normal.

Si l’on en croit les données de l’OCDE, les hommes japonais travaillent le double des hommes français. Parce que les japonais passent moins de temps à la maison, les femmes ont plus de travail / charge mentale en travaux ménagers et de soin de la famille (enfants). Une enquête de 2017 parmi les équipes universitaires montrent que 34 % des hommes passent moins d’une heure à s’occuper de leur maison / famille par jour, contre 73 % des femmes qui passent a minima deux heures.

La diversité demande l’adoption générale d’un équilibre travail-maison rationnel et raisonnable, et qui est également un pré-requis pour une atmosphère créatrice pour accueillir l’innovation.

Nous avons besoin de plus de femmes à tous les niveaux comme modèles : professeures, directrices et présidentes d’académie. En 2016 les universités au Japon ont mis en place des objectifs pour augmenter le pourcentage de femmes dans la recherche d’ici 2021. L’université de Tohoku a par exemple prévu d’augmenter les chercheuses de 13% à 19 % et a commencé de proposer des postes accessibles seulement aux femmes. Tohoku encourage également les chercheuses de d’autres manières, comme l’augmentation du nombre de places dans les crèches d’entreprise.

En fin de compte, l’égalité de genre signifie de d’abord se débarrasser de nos biais sociaux, ce qui ne coûte rien aux universités.

Norika Osumi est une scientifique spécialisée en Neurosciences, directrice exécutive du United Centers for Advanced Research & Transnational Medicine (ART), directrice du Centre pour les Neurosciences, professeure au Département du Developmental Neuroscience à l’Université de Tohoku, directrice de la Société Japonaise de Biologie Moléculaire

Vous pouvez voir une intervention de Norika Osumi (en anglais) sur le même thème ici :

 

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