La place des chercheuses en Sciences : sous représentation des femmes en première autrice – auteure et auteur-e autrice senior

 

 

 

 

 

 

Publié le 12 décembre 2018

 

La place des chercheuses en Sciences :

sous représentation des femmes en

première autrice – auteure et auteur-e autrice senior

par Jon Brock


Traduit et commenté de l’anglais

« Women edged out of last-named authorships in top journals » de la Revue « Nature Index »

de Janvier 2018 trouvable en ligne ici.

L’étude en question est disponible en anglais ici.

Si vous voyez des erreurs – corrections – complément-s à apporter faites signe !

Les mots en orange sont cliquables et envoient vers des lectures complémentaires.

Attention cet article parle des sujets suivants : inégalité de genre / binarité homme-femme 


 

Une étude pointe le biais sexiste dans les auteur-es autrices publié-es dans les journaux prestigieux en Sciences.

Les femmes sont significativement sous-représentées comme dernières autrices auteures dans les travaux de recherche prestigieux (analyse des publications sur Nature Index).

L’étude publiée dans PLoS ONE montre comment les hommes dominent les publications en sciences – dit Deb Verhoeven, Associate Dean de l’engagement et innovation à l’université de technologie de Sydney (UTS) et dont les travaux récents sur les financements de recherche en Australie ont aussi révélé une inégalité de genre significative. « Cela pose une preuve forte qui corrobore ce que beaucoup de femmes savaient déjà et avaient personnellement vécu comme scientifiques ».

Dans cette étude, Michael Bendels et ses collègues du Goethe University Frankfurt am Main ont extrait les informations sur les auteur-es et autrices sur des publications entre 2008 et 2016, dans 54 des 68 journaux listés dans le Nature Index. Les journaux ont été sélectionnés par des scientifiques pour faire une liste des plus prestigieux en sciences naturelles. Les journaux de physique ont été exclus car les informations sur les auteur-es et autrices sont souvent incomplètes.

C’est le prénom qui a été pris en compte pour déterminer le genre. 

[très critiquable au demeurant, depuis quand le genre des personnes est systématiquement parlant de leur genre ? Je pense aux personnes qui ont un prénom mixte et ou aux personnes qui sont non-binaires et ou aux personnes qui sont trans mais qui n’ont pas eu la possibilité de changer leur prénom à l’état civil et sur leurs publications]

313 894 identifiés auteurs

200 280 identifiées autrices – auteure

179 401 non identifiées

L’analyse se focalise sur le prestige amené par la position d’auteur-e – autrice :

  • en premièr-e : celle qui a contribué le plus
  • en dernièr-e : la personne « senior » (celle qui a rendu le travail de recherche possible).

Ces emplacements sont souvent scrutés dans les disciplines scientifiques lors de l’évaluation du travail d’un-e candidat-e pour un emploi, une promotion, une demande de fonds…

Bendels et ses collègues ont calculé ce qu’iels ont appelé « l’index prestige » qui quantifie le biais pour ou contre les femmes qui occupent ces positions  prestigieuses d’auteures-autrices, tout en prenant en compte qu’il y a moins de femmes présentes en recherche (et donc qui publient). 

Dans les 54 journaux, 49 ont un Index Prestige négatif, indiquant qu’ils ont moins de femmes dans les positions d’autrices-auteures de prestige de manière disproportionnée.

L’index prestige était particulièrement bas pour les journaux avec le plus grand facteur d’impact. 


Les journaux avec un plus grand impact ont moins de femmes dans les positions prestigieuse de publication. Les points ont de la taille échelle selon le nombre total de publications dans ce journal. Plus le point est plus, plus le nombre de publications l’est aussi.

Le biais sexiste le plus clair est pour la position autrice auteure Senior. Les femmes sont significativement sous représentées dans tous les journaux étudiés, avec seulement 18,1 % des citations, contre 29,8 % sur toutes les citations quelles que soient la position.

Bendels et ses collègues ont aussi regardé les variations internationales sur le sujet.

On vous en parlait dans cet article sur les chercheuses japonaises.

Sur les 32 pays cités, seulement deux (l’Islande et la Nouvelle-Zélande) ont un Prestige Index positif. Ce sont également les deux seuls pays où les femmes ne sont pas significativement sous représentées comme dernière auteure autrice.


France : -0.29
Belgique : -0.62
Suisse : -0.53
USA : -0.37
Canada : -0.59

On note que l’Index Prestige d’un pays peut être prédit si l’on regarde son plafond de verre : les données utilisées sont celles de The Economist, qui combinent les mesures des différences salariales, d’éducation et de représentation dans les positions de cadres ainsi que les coûts de garde d’enfants et des droits autour de l’accès à la parentalité.

L’Islande est première de ce classement (2016) et la Nouvelle-Zélande 9ème.

Ces résultats sont consistants avec les études précédentes basées sur les publications qui montrent la sous représentation des femmes en sciences.

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