Maryon

 

 

 

 

 

 

Ce livre m’a paru intéressant à traiter pour l’ouverture de ce site. Parce que je l’ai lu (relu) suites aux différentes polémiques sur le langage inclusif.

Oui, je vais profiter de livres pour vous parler de concepts, c’est le concept #gynomètre.

 

On va donc parler d’un roman publié en 1949 ; 1984.

L’histoire est celle d’un homme qui se pose des questions sur le monde qui l’entoure et la société qui le régit. Celle-ci est décrite comme totalitaire : la catégorie d’individus dont il fait partie est sans cesse surveillée par des écrans et la police, son métier le conduit à trafiquer la réalité historique (il réécrit des articles du Times), les relations sont extrêmement violentes (les relations sexuelles conjugales,  les enfants…), tout ce qu’on dit peut être épié, c’est la guerre en permanence avec son lot de privations…

Et cet homme s’éveille, prend conscience et voit des choses. Et remet en question le système, doute et veut se rebeller. Tout en expliquant le système qui pour lui est aliénant. Il sait comment, mais il ne sait pas pourquoi.

Je ne vais pas tout vous dire, vous n’aurez qu’à le lire (ou non), Wikipédia est votre ami-e !

Je vais principalement évoquer ici quelques concepts qui ont fait « débat » ces derniers temps sur les internets, et qui sont le coeur du livre.

La novlangue 

Les protagonistes de 1984 parlent en langue ordinaire. Mais le Parti, dans l’optique de réduire l’expression de la pensée humaine, constitue un dictionnaire (1984 parle de plusieurs versions). Les mots et les concepts sont réduits à une plus simple expression. Il ne s’agit pas d’inventer (ou d’enrichir) des nouveaux mots ou de nouvelles expressions, mais de réduire le vocabulaire et les idées. Soit en tronquant et accolant des mots, soit en supprimant des existants. Pourquoi garder des synonymes par exemple ? ou des antonymes ? Alors qu’avec un suffixe etc. on peut dire la même chose ?

La novlangue coexiste avec la langue commune. Pour le moment. Un personnage estime qu’il faudra encore plusieurs décennies avant qu’elle soit connue et adoptée par toutes et tous.

Deux exemples :

  • un mot : Miniver (Ministère de la Vérité)
  • un concept : la vérité c’est le mensonge. Le Minver est le ministère de la Propagande.

Anecdote : dans le roman, on croise un intellectuel, passionné de la langue, qui travaille à l’élaboration de la novlangue. Il appartient à une  Académie de la langue en somme.

1984 Big Brother Anticipation Roman Société Gynomètre Féminisme

Suivez mon regard

La double pensée 

Concerne deux choses différentes et similaires : des mots et concepts peuvent vouloir dire deux choses (l’une et son contraire). Et elles doivent coexister dans l’esprit de la personne, en sachant qu’elles ne peuvent pas être vraies (de manière consciente donc).

Quelque chose qui est Blanc ne peut pas être Noir. Et bien avec la double pensée (doublepensée) c’est possible ! Cela permet ainsi de ne pas mentir en affirmant quelque chose, en tout honnêteté, alors qu’on sait soit même qu’une alternative réalité existe.

Toujours dans l’optique de contrôler la pensée des individus : plus rien n’a de sens, tout à un sens. Les mots ne sont plus sujets à controverse ou à rébellion.

Cela va des noms des ministères (qui sont l’exact opposé de leur nom, comme le Miniver cité précédemment), à des concepts plus aboutis : comment est-ce possible que ce soit blanc alors que je me souviens que c’était noir ?

Un exemple du livre : le sexe est une notion commandée par le régime en place. Les couples ne doivent pas avoir de désir l’un pour l’autre. Des brigades « anti-sexe » composées d’enfants sont là pour leur apprendre qu’on ne doit pas prendre plaisir, juste concevoir. Il y a la notion de faire son devoir (pour le Parti) en se faisant pénétrer. D’ailleurs le sexe est-il du sexe, ou est-ce un délit ? Il existe donc un mot, le Crimesex…

Autre exemple, un intellectuel qui dirait que le langage inclusif = novlangue.

 

Me demandez pas pourquoi, j’ai cherché un Gif d’un mec brun, et PAF CE GIF

 

La Police de la Pensée

L’individualité n’existe plus. Quand on parle de 1984 on entend souvent « liberté d’expression ». Petites définitions :

L’article 11 de la Convention des Droits de l’Homme (…) pose « tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement » en parlant de cette notion.

La Convention européenne des droits de l’homme ajoute « la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière ». Bien.

On en profitera pour rappeler qu’en France, la liberté d’expression ne veut pas dire « pouvoir tout dire ». Il existe des exceptions (oui, même dans des états démocratiques). Pour savoir lesquelles, et comment distinguer alors un état démocratique d’une dictature sur ce point, je vous invite à cliquer ici.

Dans 1984, il y a plusieurs niveaux de citoyen-nes. Certain-es ne sont même pas vraiment considéré-es « humain-es ». Iels ont plus le loisir de dire et faire ce dont iels ont envie, sans être surveillé-es nuit et jour : les prolétaires. Les personnes comme le protagoniste principal par contre, sont effectivement restreintes.

MAIS

Même si l’homme explique bien que des choses sont criminelles et punissables, il explique bien aussi qu’elles ne sont pas littéralement « interdites ». Par exemple, il achète un carnet, et consigne ses pensées à l’intérieur. Ce n’est pas « interdit ». Pourtant il sait qu’il doit se cacher et n’en parler à personne.

Mais au delà de « l’expression » (du fait d’exprimer) ce sont les pensées elles-mêmes qui sont visées par le Parti. Personne en dehors du droit chemin : les enfants sont entraîné-es à ne pas remettre en question. Les adultes le doivent aussi. Ne pas se trahir en laissant passer sur son visage un sentiment qui pourrait entraîner une néfaste conséquence, en gros, ne pas penser, du tout. Attention à l’inconscient et aux personnes qui parlent en dormant…

Il existe d’ailleurs un mot : la Crimepensée (thoughtcrime). On doit, en tant qu’individu, pouvoir déterminer identifier et arrêter une pensée dès qu’elle émerge.

La Police de la Pensée est donc là pour intervenir si l’individu ne l’a pas fait. N’importe qui peut être de la Police de la Pensée, ce qui rend la méfiance palpable. Les enfants sont de bon-nes délateur/trices, et les passant-es collègue-s peuvent être en train de vous surveiller, qui sait ! Il n’y a pas d’uniforme, ni de gestes, ni rien qui permette d’identifier une personne travaillant pour elle. Cela n’a d’ailleurs pas de sens de s’écrier « AH AH TU FAIS PARTIE DE LA POLICE DE LA PENSÉE OU QUOI ! »

Si j’en fais partie, tu finiras dans les ténèbres. Si je n’en fais pas partie, une tierce personne, un écran, verra que tu m’accuses, et tu finiras dans les ténèbres. Le seul choix est le silence.

 


 

Alors est-ce que ce livre est safe ? 

Non.

[TW viol / violence]

Ce livre est binaire. Les femmes ont deux rôles : mère et/ou putains. Les descriptions sont sur leurs corps. L’homme projette sur elles sa nostalgie / tristesse liée à la perte de sa mère avec laquelle il a été odieux. Il fait la distinction entre sa classe sociale et les « prolétaires » (qui sont les gueux / pauvres / chair à canon / pas humains) qui elleux auraient « des sentiments » comme par exemple cette femme qui a préféré protéger son enfant des bombes que sa propre vie. Ou cette femme qui a une certaine beauté parce qu’elle a pu enfanter. Il pense qu’elle est grosse et hideuse, mais finalement lui trouve quelque chose. Pareil pour une prolétaire, avec qui il veut une relation tarifée, mais qu’il trouve laide/trop maquillée/ parfumée/vieille etc. « mais quand même il a payé ». Il a également des désirs de violence / viol (décrits dans le roman) sur une de ses « collègues » dont il deviendra l’amant.

Est-ce que vous devez le lire ? 

Comme chaque chose, c’est votre choix.

Sachez ce que vous y trouverez. Si c’est pour jeter à la face de vos contradicteur/trices, peut-être est-ce mieux ? Ici pour en savoir plus (en anglais…).

Si c’est pour vous détendre… Si c’est pour avoir une lecture safe, c’est un non. Regardez plutôt dans la section Bibliothèque !

A bientôt !

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