Une déconstruction féministe de l’orgasme hétérosexuel

Posté le 6 novembre 2017

Aujourd’hui, nous allons décrypter l’article scientifique :

 

Une déconstruction féministe de l’orgasme hétérosexuel

 

Coming, Coming, Gone: A Feminist Deconstruction of Heterosexual Orgasm – Annie Potts

de Annie Potts – 2000 ; elle a un parcours et des domaines d’intérêt dans la recherche assez intéressants et diverses, je vous encourage à aller voir sa page sur le site de l’université Néo Zélandaise pour laquelle elle travaille ici, en anglais. Elle travaille notamment dans les champs de la relation humain – animal d’un point de vue culturel et biologique, de la psychologie et du féminisme. 


Cette étude est disponible intégralement ici en anglais, si vous n’y avez pas accès, vous pouvez me contacter pour que je vous l’envoie.

Attention, cet article peut contenir des traductions approximatives, n’hésitez pas si vous voyez des inexactitudes.

Les chiffres, sources et citations (sauf si indiqué) proviennent de l’étude et sont non exhaustifs sur le sujet.

Je ne fais qu’un décryptage paraphrasé et commenté de l’article. 


Résumé tel que présenté par l’auteure :

 

Cet article présente une analyse discursive féministe de l’orgasme, en se concentrant sur les transcriptions de discussions avec des femmes et des hommes à Aotearoa / Nouvelle-Zélande concernant les significations attachées une sexualité hétéro « saine » (fonctionnelle). Certains aspects de la théorie « déconstructive » se cachent derrière l’approche utilisée pour lire le contenu de la transcription. En premier lieu, comme l’a souligné Derrida (1981), « le langage courant n’est ni innocent ni neutre » (page 19) ; il est plutôt chargé d’hypothèses et d’investissements qui peuvent ne pas être immédiatement apparents. Cette analyse textuelle vise donc principalement à examiner l’une des structures habituelles sous-jacentes à la pensée et au langage occidentaux – la distinction entre présence et absence – et à examiner comment ces appariements binaires produisent et sont produits par les attitudes « sens commun » au sexe dans la « langue de tous les jours » des participant-es. L’examen du fonctionnement des notions de présence et d’absence révèle certains des paradoxes inhérents aux idées contemporaines sur l’orgasme ; par exemple, la notion que l’orgasme offre une expérience transcendantale (une rencontre avec son « vrai » soi) en même temps qu’elle implique une perte ou une absence de « soi ». Enfin, il est suggéré que les propriétés déconstructrices du « désir » ont le potentiel de remettre en question la place conventionnelle de l’orgasme en tant que mesure ultime (ou unique) de l’hétérosexualité saine.

Mots clefs

orgasme / impératif/s / hétérosexualité / coït / désir / déconstruction

Alors de quoi ça parle et qu’est-ce que ça dit ?

 

L’auteure parle de santé sexuelle, de quoi parle-t-elle exactement ?

Cela va de pair avec la notion d’impératif à l’orgasme (DEVOIR jouir / avoir un orgasme).

Béjin (1986) soutient que, dans les sociétés occidentales modernes (genre en France coucou, et donc en Nouvelle-Zélande où est réalisée cette étude), il existe un « impératif orgasmique ».

L’orgasme est définit comme le signe de la compétence sexuelle et du bien-être dans le discours médical. C’est peut-être dans cette notion de santé sexuelle – comme sexe obligatoire et co-requis que les manifestations de certains types de pouvoir deviennent plus évidentes (Nicolson, 1993). C’est d’ailleurs quelque chose que l’on retrouve dans beaucoup de discours sexologiques, thérapeutiques, féministes…

Il y aurait d’une part des individus pouvant réaliser « à volonté » la jouissance sexuelle (ici appelée « orgasme ») et qui sont donc « en bonne santé sexuelle », et les autres. (Béjin p.201).

Alors à qui profite le crime de faire une telle catégorisation ? 

Les plaisirs – et les mécontentements – de la réalisation de l’orgasme peuvent être complexes et parfois contradictoires, et ne sont pas toujours « sains » pour les femmes (ou les hommes, mais ce sont surtout les femmes-cis dont on parle dans cet article).

Les féministes des années 1970 et 1980 ont attiré l’attention sur les postulats et les impératifs masculinistes qui sous-tendent la soi-disant « libération » de la sexualité et de la pratique sexuelle (Hite, 1976; 1970, Rich, 1980, Sherfey, 1972). Les théories féministes ont été impliquées implacablement dans l’exposition et la subversion de la valorisation des versions mal-centrées du sexe, y compris l’impératif de l’orgasme par pénétration (Boyle, 1993, Hite, 1993, Irigaray, 1985, Nicolson, 1993, Segal, 1994, Tiefer, 1995, Ussher, 1993).

La présentation de la femme (cis-hét) comme « vaginale » et ne jouissant que par pénétration soulève des interrogations.

Les hommes (cis, hétéro toujours dans cette étude) sont devenus très préoccupés à ce sujet ces derniers temps, en demandant toujours « est-ce que tu as eu un orgasme ? Joui ? Ils ne comprennent simplement pas. J’aurais pu me sentir parfaitement merveilleuse, même sans orgasme. Cela semble être une obligation maintenant, cet orgasme ; un prérequis. » (Miriam, cité dans Tavella, 1992: 2).

Cet article se concentre sur la construction discursive de l’expérience orgasmique en termes métaphysiques occidentaux ; en particulier, elle cherche à identifier certains des problèmes et des paradoxes inhérents à la « compréhension » de l’hétéro-orgasme en fonction de l’opposition binaire présence / absence : Soit tu as joui. Soit tu n’as pas joui.

 

Le cadre de cette étude :

 

Il semble assez important de présenter dès le départ le cadre et l’intention de l’auteure dans cette étude.

Elle a donc choisi d’interroger en groupe des femmes (20) et des hommes (17) en 1996 et 1977 sur leur compréhension de certains concepts autour de l’orgasme et de la santé hétérosexuelle : la leur, mais également en général. Les entretiens étaient semi dirigés (c’est-à-dire que l’auteure encourageait à parler de sujets non prévus et à aborder des sujets sur lesquels les participant-es se sentaient le plus à l’aise) et retranscrits en intégralité. Certains morceaux intéressants en particulier sont dans l’article original, et ici plus bas dans la page. Les participant-es viennent donc de Nouvelle-Zélande, ont entre 23 et 50 ans sont toutes et tous auto-identifié-es comme cis-hétérosexuel-les. Toutes et tous viennent de la classe moyenne.

Un biais important (classiste) se pose : les emplois cités en exemple sont assez orientés vers une population éduquée+, du milieu de la santé et de l’éducation, et possédant déjà des notions de concept élevés, et pouvant poser des mots sur leurs ressentis, connaissances etc. Ainsi on trouve une sage-femme, des scientifiques, un infirmier, des thérapeutes, des personnels éducatifs…

Les thèmes sur lesquels les discussions ont été lancées ont pu être le sexe « normal » et la « santé sexuelle », la définition et l’importance de l’orgasme pour les hommes et les femmes , et leurs connaissances et opinions terminologiques utilisées pour décrire ou diagnostiquer des « dysfonctions sexuelles ».

Le mode d’analyse utilisé dans cette recherche – c’est-à-dire l’analyse discursive déconstructive féministe – recommande que tous les récits de discussion soient traités comme des « textes » ; ils ne sont pas des représentations d’une vérité sous-jacente sur l’orgasme ou l’expérience orgasmique, mais ils permettent plutôt d’accéder aux discours actuels utilisés par les participant-es pour construire et « donner un sens » à l’expérience orgasmique au tournant du siècle.

 

Des concepts importants pour bien comprendre de quoi on va parler

 

Cet article est basé sur la compréhension (et/ou l’incompréhension) d’un concept « l’orgasme » par rapport à une interprétation dominante / majoritaire de ce concept.

Il ne s’agit pas de compiler les différents ressentis et définitions individuelles de l’orgasme pour les opposer ou les comparer. Mais de comprendre ce qui peut empêcher et restreindre du fait de la définition dominante.

La compréhension dominante au tournant du millénaire est que la capacité à l’orgasme est naturelle ; une incapacité à l’orgasme serait un effet de l’apprentissage ou du conditionnement social. Si nous pouvions simplement dissiper nos inhibitions culturelles, et/ou paradoxalement (ré)apprendre nos instincts naturels, alors la nature l’emporterait. La Nature / le positif permettrait de surmonter la culture / le négatif.

Or c’est supposer que la nature a des intentions. Mais elle n’a pas l’intention d’avoir des orgasmes pour les êtres humains, pour la bonne raison que la nature n’a pas « d’intention » ou même l’existence de cette image projetée d’une entité voulue (Stephen Heath, 1982 page 62). La « naturalisation » de l’orgasme – son installation en tant que droit biologique fondamental – masque donc sa production par certaines normes discursives et métaphysiques qui ne sont pas toujours dans l’intérêt des femmes cis. (mais pas que).

La déconstruction

La déconstruction concerne principalement l’interrogation critique des systèmes de pensée occidentaux produisant des paires binaires hiérarchisées : nature / culture, esprit / corps, similitude / différence, présence / absence, et masculin / féminin.

L’utilité de la théorie déconstructive ici est associée à sa résistance au privilège d’un concept par rapport à un autre.

Ces dichotomies (oppositions) opèrent en avantageant le premier terme, et en dévaluant le second. La déconstruction cherche à montrer comment ces termes, ou entités, qui semblent dominants et supérieurs, dépendent en fait de leurs contraires, les termes « inférieurs » pour maintenir leur position privilégiée (Johnson, 1981).

L’opposition binaire mâle / femelle, par exemple, ne représente pas une « coexistence pacifique » de termes mais « une hiérarchie violente », où « mâle » occupe la position dominante (Derrida, 1981:41). Dans la dichotomie homme / femme, le deuxième terme (féminin) est considéré comme la « version négative, corrompue et indésirable de la première, une chute par rapport à elle » (Johnson, 1981: viii). Cependant, inévitablement « mâle » doit dépendre de « femelle » pour sa signification ; par conséquent, les hommes sont des hommes uniquement parce qu’ils ne sont pas des femmes. Afin de conserver sa position dominante, le terme positif nie sa confiance intime dans le contraire.

La déconstruction tente de révéler et de « défaire » la hiérarchie implicite de cette relation, et d’exposer la dépendance du terme « supérieur » par rapport à « l’inférieur ». Cependant, simplement renverser une opposition (par exemple, privilégier les femmes par rapport aux hommes) ne met pas radicalement en cause les catégories elles-mêmes (Norris, 1982). Et ce n’est de toutes façons pas la question.

Il est nécessaire d’attaquer d’abord le système (on parle de systémique) philosophique qui produit et soutient de telles polarisations et d’examiner ce qui reste en dehors de la structure binaire : « Si quelque chose est détruit dans une lecture déconstructive, ce n’est pas la signification mais la domination d’un mode de signifier sur un autre » (Johnson, 1981: xiv). Ainsi, la déconstruction cherche à remettre en question la supériorité d’un terme sur son contraire par une réorganisation de l’appariement binaire.

C’est peut-être cette caractéristique de déconstruction qui est la plus utile à la pratique féministe : stratégies déconstructives, modes de pensée masculinistes traditionnels et les comportements peuvent être analysés et réécrits.

 

Post structuralisme et binarité

L’auteure place ici l’orgasme dans une binarité de présence / absence. Soit on a une orgasme, soit non. Avec, de la même manière, une hiérarchie : avoir un orgasme (présence) a une valeur supérieure (voire indispensable) à son absence (déficit d’orgasme).

Culler (1982) soutient que la notion de présence est toute puissante dans la société occidentale ; il « structure toute notre pensée » (page 94). La présence se manifeste à la fois comme le sens et le principe organisateur des différents domaines qui constituent la subjectivité : visuelle, ontologique, temporelle, psychique et intersubjective (Derrida, 1976).

La déconstruction montre comment les premiers termes des binaires tels que similitude / différence, âme / corps, nature / culture, positif / négatif, transcendantal / empirique sont privilégiés car ils signifient une « présence supérieure », tandis que « le terme inférieur marque une chute » (Culler, 1982: 93).

Cet effet peut être démontré en référence à la présence / absence binaire elle-même : le second terme, absence, est considéré comme « le manque de présence » (Gross, 1986: 73).

Pour aller encore plus loin, il a le rapport au corps et à la « vérité sexuelle ». L’orgasme serait le moment où une personne est le-la plus présent-e dans son corps ; ou le moment où le corps rencontre l’âme ; ou une expérience holistique qui mêle corps, esprit, émotions et esprit ; ou la libération ultime de (habituellement) deux personnes – leur union (l’achèvement de la femme par l’homme et vice versa, toujours dans le cadre de cette étude, sur des relations hétérocentrées cis centrées).

                                                             Mais si c’est clair pourtant HO LI STIQUE

Si, comme le souligne Foucault (1978), nous nous considérons comme étant notre sexe – c’est-à-dire que notre identité est notre sexe – il s’ensuit que l’orgasme n’est pas simplement une célébration de qui nous sommes, c’est notre ultime rencontre avec nos vrais moi (sexuels).

De plus, comme l’affirme Stephen Heath (1982), dans la société occidentale contemporaine, « cette identité est aussi, à la fois, une obligation d’agir ». Si vous ne faites pas ou avez des relations sexuelles et de l’orgasme, vous ne pouvez pas vraiment exister, vous êtes désespérément incomplet-e »(p.75). La présence – c’est-à-dire – de l’orgasme vous définit comme un être humain valable, comme un être humain sexuellement sain, comme un être humain : « Le sexe est l’identité, vous répondez présent à cela » (Heath, 1982: 75). Ainsi, l’orgasme interpelle les individus dans l’idéologie du sujet sexuellement sain et libéré.

En autre binarité, l’auteure souligne également l’éjaculation / orgasme, tant chez des participants que des participantes (voir les transcriptions). Un des hommes (Toby) explique qu’il a construit son image orgasme autour de cette binarité : l’orgasme est identifié comme supérieur à l’éjaculation en raison de la différence de sens attribuée. « Juste éjaculer » est moins « puissant » qu’une expérience corps-esprit-orgasme. L’éjaculation manque de « changement dans les émotions » et de « réponse du corps entier » représentée par l’orgasme.

Là encore, on retrouve donc une hiérarchie entre les orgasmes.

Aussi, les participantes ont décrit un certain type d’orgasme (hiérarchiquement mieux valorisé) au-delà des sensations qu’elles ressentaient, en décrivant des conditions physiologiques : de l’humidité à « venir comme un mec » (éjaculation féminine). La hiérarchie entre orgasme de la femme cis « avec éjaculation » et sans est renforcée par une comparaison avec l’orgasme de l’homme cis jugé supérieur. En bref l‘expérience la plus significative (éjaculation féminine) est peut-être appréciée précisément parce que cela se rapproche le plus de la compréhension de Maggie de l’expérience orgasmique masculine.

Une des participante explique d’ailleurs sa confusion par rapport à sa compréhension et appréhension de l’orgasme : comment savoir si l’on a eu un orgasme ? Si ce que l’on a ressenti est bien un orgasme ?

On peut également noter que dans les transcriptions les participants voient le désir / le prolongement de l’acte sexuel sans nécessairement d’orgasme/éjaculation comme quelque chose de ou ayant des caractéristiques « féminin » « gentille » ou « doux ».

Cela attire également l’attention sur un impératif coïtal ; il indique aussi le fonctionnement d’un « couple impératif » au sein des constructions dominantes d’une sexualité « saine » (et cis hétéro) : un orgasme avec quelqu’un d’autre vaut mieux qu’un seul par soi-même. Ceci est, bien sûr, fortement lié à la signification attribuée dans la culture occidentale à l’intimité avec son partenaire sexuel pendant les rapports sexuels, particulièrement pour les femmes (Duncombe et Marsden, 1993, Ridley, 1993) et dans le mariage notamment.

D’un côté, « se masturber » jusqu’à l’orgasme manque de lien avec l’orgasme provoqué par les autres. Cela constitue une « libération » moins gratifiante. D’autre part, l’orgasme via l’auto-masturbation est considéré comme trop ouvert, trop révélateur, trop intime. Ce paradoxe peut être l’effet d’une croyance selon laquelle une seule personne est « pleinement présente » dans le climax masturbatoire, l’autre maintient une présence inadéquate (sans orgasme). Alternativement, le-a partenaire qui orgasme via la masturbation peut « se perdre » devant l’autre (plus conscient). Dans tous les cas, les partenaires ne sont pas présent-es les un-es aux autres – pas au même endroit, pas en même temps. C’est peut être ici que l’on voit un lien avec la sollicitation du « jouir en même temps ».

Conclusions de cette étude : 

 

Sur le sujet d’intérêt de ce texte, on peut bien voir que les discours dominants du sexuel limitent le critère de la santé sexuelle à la réalisation de l’orgasme.

L’orgasme est décrit comme le but et la mesure du sexe réussi.

De manière assez violente (TW violences mutilations), les définitions de l’orgasme telles que présentées comme dominantes dans notre société (dominée elle-même par le patriarcat) conduit donc à penser l’humain en l’absence d’orgasme comme un humain incomplet. La femme cis hét (ici) qui ne jouit pas est-elle vraiment encore un être humain ? Ce serait également intéressant de se demander les liens de ces hypothèses avec les mutilations génitales perpétuées qui empêchent de fait à des personnes d’avoir des orgasmes. Et de s’interroger également sur le manque d’information et les tabous présents sur ce sujet dans nos sociétés : l’orgasme / le manque d’orgasme comme arme de contrôle des hommes (cis het) sur les femmes.

Fin du TW

Les notions de « sexiness » du non-orgasme identifiés par ces participant-es (ne pas avoir d’« orgasme » identifié, mais du plaisir néanmoins) indiquent que les sujets sexuels peuvent aussi avoir accès à modes alternatifs de compréhension du sexe qui valorisent la différence (différance) du désir. Il y a donc un espace potentiel pour le « sexe » qui n’a pas de but (ou de corps) préétabli, qui ne suit aucune séquence (sexologiquement dictée) mais qui jouit des possibilités du désir – le sexe qui n’est pas simplement un mode de suspension, repoussant un point final inévitable, mais le sexe qui se plaît dans le « sexiness » du désir : le sexe sans une mission orgasmique primaire.

Cependant c’est là que l’on peut aussi voir la limite, quant au choix des participant-es, issu-es des mêmes milieux sociaux et avec des niveaux d’éducation élevés.

Si l’orgasme est une forme de contrôle social, il peut donc être aussi, perçu alternativement et/ou si rendu non nécessaire, être un outil de réorganisation social. Grosz (1995) écrit que le désir a le pouvoir de « secouer, réorganiser, réorganiser les formes et les sensations du corps … [produire] des alignements jamais pensés, des énergies jamais exploitées, des régions jamais connues » (page 295).

Les implications déconstructives du désir ont donc le potentiel de déstabiliser le sens humaniste traditionnel de la présence, et donc aussi le sexe et l’orgasme. Alors que l’orgasme représente une rencontre avec soi-même « le désir retarde et déstabilise l’identité, la remet en question » (Belsey, 1994: 68). Et si l’orgasme (génital) est perturbé par le désir, nous pouvons commencer à penser à ce que le plaisir sexuel pourrait vouloir dire si nous ne devons plus chercher l’expérience ultime par le sexe, si nous ne sommes plus notre sexe / orgasme.

Peut-être cette idée embryonnaire de sexe différent (différant) incorporerait-elle les « possibilités » des plaisirs multiples. Climax ne deviendrait ni la cible ni la non-cible du sexe. L’orgasme n’a pas besoin d’un autre, et il ne sera pas toujours mystifié de signifier la seule source d’expérience et d’intimité.

De plus, les « dysfonctions » sexuelles liées à la capacité orgasmique cesseront d’être considérées comme « pathologiques ». En effet, ce « sexe » remanié pourrait profiter de multiples désirs – mais ceux-ci pourraient être conçus – plus qu’un seul acte (hétéro) sexuel ou son résultat. Déstabilisant les relations / préliminaires de l’opposition traditionnelle, le sexe se produirait comme une interaction : une célébration de l’indétermination de l’intensification et de la diminution du plaisir.

 

 

Limites, biais (= choses qui ont peut-être ou non affecté les résultats de l’étude) et orientations futures

 

Comme on l’a cité précédemment des biais sont facilement visibles quant à la population ciblée pour les interviews : des personnes cis, hétérosexuelles, éduquées. Cependant, l’auteure ne prétend pas avoir un échantillon représentatif et énoncer une vérité universelle, mais compte utiliser les informations pour se poser des questions autour de l’orgasme des femmes cis hétéro. Aussi, si l’on lit ses hypothèses avec l’orgasme comme outil de contrôle par les dominants, son choix sur l’hétérosexualité cis fait sens. Il serait néanmoins intéressant de pouvoir comparer, notamment pour la même personne à différents âges, et ou sur des sexualités non dominantes (ou populations non dominantes) par rapport au rapport et aux définitions de l’orgasme.

Il est également intéressant de remettre cette étude dans une temporalité : publié en 2000 par Sage, avec des interviews s’étant déroulées en 96 et 77. Quels résultats et évolutions à l’heure actuelle d’une plus grande parole pour les femmes (relativement) et d’accès aux médias (et on peut l’espérer, à l’éducation).

 

Voilà pour les points que l’on peut retenir de cette étude. Je n’ai pas abordé un tas énorme de concepts, que vous pouvez retrouver dans l’article d’origine, ou ci-dessous.


Pour aller plus loin dans le texte

 

 

La « différance »

Le privilège du désir prolongé sur l’achèvement caractérise aussi le mouvement déconstructif de la « différance ». Au sens Derridien, la différance combine au moins trois significations connexes (Derrida, 1978) :

différer

disperser

différer ou retarder

Dans ce contexte, alors, l’orgasme, le « moment » qui garantit la satisfaction et l’expérience ultime du moi sexuel est remis au profit du mode différent, plus « sexuel », d’être situé dans le désir. Le sentiment sexuel plus intense associé au désir situe – ou suspend – l’orgasme dans une position difficile, car l’orgasme remplacera le désir. Pour rester « sexy », la chose même qui est proposée pour garantir l’expérience ultime de « l’être sexuel » – l’orgasme – doit rester absente. Le désir repose sur son propre mécontentement perpétuel, sur l’absence de sa cible, car sinon il cesse d’exister.

David est plus susceptible de rechercher l’expérience de satisfaction qui survient « immédiatement » après l’orgasme (qu’il admet n’est pas nécessairement donné physiquement mais peut être influencé par la manière dont il pense / construit l’orgasme) ; mais il invite aussi une forme de satisfaction différente (différant) expérimentée comme son désir – le report du moment orgasmique.

Fait intéressant, les sentiments « plus sexy », « toujours allumés » que David connecte avec le sexe non orgasmique sont vécus « pas de manière physique », impliquant que le sexe orgasmique implique davantage le corps (l’orgasme « vide » le corps et le laisse épuisé , bien qu’agréablement), tandis que le « désir » dans le sexe non-orgasmique est associé à quelque chose d’autre, ou quelque chose de plus que le physique : il garde le corps et l’esprit en jeu.

Ici, l’idée de report (inhérente au désir) est en train de renverser la notion conventionnelle de sexe comme séquence avec une fin inévitable. De plus, David soutient que la conscience sexuelle accrue associée à la non-orgasme est « plutôt gentille d’une certaine manière que de se sentir un peu fini ». Ce prolongement du « désir » est suggéré comme étant un mode de jouissance sexuelle plus féminin. David identifie les similitudes entre ses expériences de sexe non orgasmique et le désir d’étendre le plaisir sexuel considéré comme caractéristique des femmes. Le report de l’objet – ou cible – du projet sexuel (c’est-à-dire l’orgasme) entraîne une gratification moins immédiate, mais ce manque d’immédiateté est souvent gratifiant en soi – non pas pour son offre d’achèvement mais pour son sens même d’inachèvement. . C’est le point où l’on résiste au discours orgasmique impératif, où l’orgasme n’est pas privilégié comme mesure du plaisir sexuel ou point ultime du sexe. Le désir est donc perturbateur dans le sens où il remet en question la priorisation de – la présence plus élevée associée à – l’orgasme; le désir produit une intensification en l’absence de présence.

 

 

Sur la description de l’orgasme par les chercheureuses / différentes théories 

Reich (1968) a soutenu que « la santé psychique dépend de la puissance orgastique, c’est-à-dire de la capacité d’abandon dans l’acmé de l’excitation sexuelle dans l’acte sexuel naturel » (page 28, italique dans l’original). Sa formule pour l’orgasme – « tension mécanique » conduit à un enchaînement tel que suit :

« charge bio-électrique » qui conduit à une

« décharge bio-électrique » qui conduit à une

« relaxation mécanique »

Le plaisir de l’orgasme était lié à l’intensité de cette charge électrique à la surface du corps : l’orgasme impliquerait donc un mouvement d’énergie « vers le monde – hors de soi » (p.354), une expérience hors du corps. La gratification orale est une décharge bio-électrique, suivie d’une relaxation mécanique (détumescence) (p.355).

Une conception similaire de l’orgasme, positionnée comme le point culminant – ou le pic – de l’activité sexuelle, se perpétue dans le « cycle de réponse sexuelle humaine » sexologique (Masters et Johnson, 1966), une séquence (physiologique) :

excitation

plateau

orgasme

phases de résolution.

A noter que si ça vous intéresse, Masters & Johnson ont eu une série adaptée « Masters of sex »

Ainsi, dans ces deux modèles influents, l’orgasme représente le « pic » de l’énergie sexuelle, et simultanément la libération de la tension sexuelle. Et le sexe est décrit comme « une montée et une chute, une ascendance et un déclin » (Grosz, 1995: 294). Cette tumescence et cette détumescence jugées caractéristiques de l’évolution « naturelle » du sexe sont inévitablement plus cohérentes avec une version sexuelle de l’expérience sexuelle (voir Irigaray, 1985).

Alors que les discours psychanalytiques et sexologiques traditionnels privilégient l’orgasme en tant que cible d’une pulsion sexuelle, ou fin d’un cycle ou d’un cycle sexuel « naturel », les discours existentialistes humanistes et New Age maintiennent un foyer orgasmique (mystique). D’après ces philosophies, la signification de l’orgasme est associée à son potentiel de modifier ou de renforcer la conscience, d’offrir une expérience de « pointe » et de dépassement de soi.

 

Sur la « simulation » et l’anorgasmie

 

Dans le discours sexologique, l’orgasme masculin « sain » est construit comme l’aboutissement inévitable d’un chemin direct à travers la nature. En revanche, l’orgasme d’une femme-cis lui impose souvent d’apprendre à se rendre là-bas, du moins pour celles qui ne sont pas des navigatrices naturelles, et particulièrement si son voyage inclut le coït. Elle peut ne jamais avoir de « là ». En fin de compte, cependant, le fait de ne pas se présenter du tout est très problématique. Elle peut être empêchée de réaliser une « vraie » satisfaction sexuelle. Comme le souligne un sexologue : « La seule raison valable de faire quoi que ce soit pour augmenter la possibilité d’un orgasme purement coïtal est le désir de la femme de s’auto-actualiser davantage » (Williams, 1984: 194). Ainsi, tout en semblant endosser la validité de tous les orgasmes féminins, l’orgasme coïtal est en fin de compte le garant de l’éveil le plus profond, l’orgasme féminin parfait – ou du moins celui qui permet à la femme de coïncider un instant avec elle « soi » (c’est-à-dire, son sexe).

Alternativement, « l’anorgasmie féminine » peut laisser un partenaire masculin avec des « angoisses de performance » au sujet de sa propre sexpertise. Les hommes hétérosexuels se positionnent comme des « sexperts » actifs et « naturellement » connaisseurs (lol) – les maîtres de la technique – dans les rencontres sexuelles (Potts, 1998; Potts, à paraître). Paradoxalement, ils sont censés « performer » ; par conséquent, les références aux angoisses de la performance masculine en langue vernaculaire et populaire. Les femmes, receveuses (plus ou moins) passives du savoir-faire sexuel masculin – celles sur lesquelles il « agit » (ou à l’intérieur) – doivent rassurer l’homme de sa compétence sexuelle (et donc de sa virilité, et de sa sanité). Simuler un orgasme est une performance qui récompense et valide sa performance (Roberts, Kippax, Waldby, Crawford. 1995). Il s’ensuit une pièce alambiquée, les deux acteurices ne se souciant pas seulement de leur propre performance, mais de la « présentation » de l’autre. Telle est la signification de l’orgasme et le « sens » de sa présence. En effet, cette « présence » ne doit pas rester invisible ; quelque chose doit marquer où il entre – il doit y avoir un spectacle en soi. Par conséquent, comme Roberts et al. (1995), l’exposition « bruyante et exagérée » accompagnant la production contrefaite (p 528).

Transcription de témoignages :

Un homme décrit la « séquence » sexuelle conventionnelle comme étant un rythme culturel insidieux et cohérent dans la société occidentale :

David : …. dedans et dehors, et dedans et dehors et accélérant et atteignant le point culminant, vous savez, c’est … une sorte de structure qui, je pense, est très importante dans notre société, vous savez, commencer lentement et devenir plus rapide et atteindre le point culminant et c’est tout. (claque les doigts). C’est une forme importante, vous savez, pour les événements à prendre dans notre société. Pas seulement le sexe… pas seulement le sexe coïtal.

Lorsqu’on leur a demandé de décrire l’orgasme, une variété de termes ont été employés par les participant-es. Ceux-ci incluaient « le moment de l’extase » (Alice), « Nirvana » (Max), « le Saint Graal » (Jack), « libérer » (Maggie), « climax [point culminant] » (Jimmy), et « le résultat souhaité » (Jo). L’orgasme était ainsi positionné comme « l’expérience de pointe » dans chacun des discours les plus divers : humaniste existentiel, spirituel / New Age, sexologique et économique / contrôle. Beaucoup de femmes et d’hommes ont tenté de résister à l’impératif orgasmique, souvent en remettant en question ou en contestant la signification de l’orgasme comme « l’être-tout-tout-tout » de toute rencontre sexuelle (une phrase elle-même qui indique la construction discursive de l’orgasme en termes de « présence complète » finale ou but ultime du sexe). Cependant, malgré de tels efforts, l’orgasme demeurait généralement – sinon directement, par inadvertance – le point privilégié et le point final désiré du sexe. Souvent, cela semblait être parce qu’il était difficile de trouver des façons de parler de l’orgasme en dehors des paradigmes dominants. Sur le plan discursif, la construction de l’orgasme contemporain découle d’un mélange d’idéologies héritées de la psychanalyse, de la science (psychiatrie et sexologie) et de discours thérapeutiques humanistes – tous paradigmes qui soulignent la valeur et la nécessité de l’orgasme pour la santé psychique, physique et holistique. Dans les cadres psychanalytiques, l’orgasme se positionne comme une partie du modèle hydraulique du sexe, où la sexualité est considérée comme « un besoin ou un instinct biologiquement régulé, une contrainte, un besoin ou un mode de libération corporelle » et « le désir sexuel est assimilé à une libération orgasmique » (Grosz, 1995: 294).

La théologienne féministe Mary Pellauer (1993) sur son expérience de l’orgasme :

« Au moment / l’éternité de l’orgasme lui-même, je me fonds dans l’existence et il se fond en moi. Je suis le plus profondément incarnée dans cette explosion de nerfs et aussi ouverte dans le cosmos. Je suis ouverte – Je suis clivée / unie non seulement à mon-a partenaire, mais à tout, tout-comme-mon-aimé-e (ou vice versa), qui est aussi devenu-e moi. Les murs chétifs de ma minuscule personne / hotte séparée tombent de telle sorte que je-vous-il-elle-nous-ils-c’est s’accumulent tellement que tout / moi est un-e. L’une ou l’autre façon de l’énoncer appelle son contraire : paradoxland. (page 172) »

Alice : [L’accomplissement sexuel] est un peu comme s’iels avaient toute-s les deux réalisé une sorte d’extase, je ne peux qu’imaginer ce que c’est pour un homme mais je – ouais c’est quand je sens que j’ai réussi d’un lien je pense, quand vous avez une sorte de rapport sexuel et… vous êtes en quelque sorte en train d’atteindre l’âme de l’autre personne, ce que vous n’êtes pas capable de réaliser à un autre moment… quand vous regardez dans leurs yeux vous… J’ai l’impression que tu regardes dans leur âme et que c’est un lien – je vois mon vagin comme étant mon âme aussi… et quand nous nous connectons, c’est un peu comme une union « d’âmes », et ensuite la sensation – les sentiments que vous avez qui créent ce sentiment d’épanouissement sexuel.

Annie : Et est-ce lié, quand vous parlez du moment de l’extase, est-ce lié à l’orgasme ?

Alice : Oui.

Annie : OK, donc l’épanouissement sexuel exige un orgasme, tu penses ?

Alice : Est-ce que je pense ça ? Pour être totalement franche… oui.

Pour Alice, comme Pellauer, « atteindre » l’orgasme représente une forme de « présence complète » évanescente – à travers la transcendance. Le « moment d’extase » – son « arrivée » – est mesuré par un « lien » avec son-a partenaire sexuel-le, une fusion d’âmes à travers l’orgasme via le rapport sexuel. « Lier », ou accéder à son âme et à l’âme d’un-e autre, précède la sensation corporelle.

 

Maggie : L’orgasme est quelque chose que personnellement je ne fais pas souvent – tu sais cette chose de « venir », je n’y arrive pas souvent. A moins que ce soit une stimulation manuelle, et tout ce truc à propos de la poussée pénétrante et de la baise, ce n’est pas une chose qui se passe à moins que – c’est vraiment arrivé dans mon mariage environ quatre fois… Pour moi l’orgasme est… définitivement manuel, je ne sais pas. Pour moi, c’est sentir les contractions en bas et ça veut dire que je sais… Je sais que j’ai eu un orgasme, je veux dire, je sais, je sais… et aussi c’est différent pour moi d’être venue aussi. La venue et l’orgasme sont différents. C’est complètement différent.

Annie : Comment c’est différent ?

Maggie : Je sais que ça a l’air vraiment bizarre mais bon j’ai toujours été vraiment confuse, mais pour moi… venir c’est quand – je l’ai fait seulement quelques fois – c’est quand je suis venue comme un mec vient. C’est comme un jaillissement complet, vous savez, des choses délicieuses [rires]. C’est incroyable ! … il n’y a jamais un moment si je suis… excitée sexuellement, il n’y a jamais un moment où il n’y a pas l’humidité et ce que vous appelez, peu importe comment vous l’appelez, éjaculer, je ne sais pas, mais parfois – mais environ quatre fois ça a été vraiment intense…

Maggie : … si je suis vraiment excitée, si je veux vraiment « venir », alors je ne ferai plus que manuellement – à ce stade je ne peux pas – je ne suis pas assez ouverte pour juste me masturber devant eux (mes partenaires), mais j’essaierai certainement de prendre soin de moi – si je suis vraiment désespérée – pour dormir (rires). Je ferai ça.

 

Freddie : Il y a la phase du plateau, il y a la phase orgasmique, et il y a cette chose où tu ressens… tu perds tout intérêt pour tout, tu restes là. La chose post-coïtale.

Greg : La fugue post-ictale. [rires]

Eric : Oh désolé je suis juste en fugue post-ictal, vous devrez y aller. [Rires]

Freddie : Oh, je sais, c’est la période réfractaire.

David: [Exiger l’orgasme pour la satisfaction sexuelle] est une façon très commune pour les hommes de penser à eux-mêmes et à leur propre activité sexuelle, et c’est très – c’est la façon la plus commune de penser à mon activité sexuelle – je veux dire plus commun pour moi – beaucoup plus commun pour moi à l’orgasme et se sentir satisfait immédiatement après cela, que de ne pas – mais de l’époque que je n’ai pas fait que, depuis que j’ai eu toutes sortes d’activités sexuelles et que je n’ai pas eu d’orgasme ou éjaculé, le sentiment réel de satisfaction émotionnellement et physiquement après est… le même, bien qu’il provienne peut-être d’une source différente, ou Quelque chose… Il y a aussi ce genre de sentiment de me voir avoir éjaculé ou éjaculé pendant le sexe, mon sentiment après est presque un – et je ne sais pas dans quelle mesure c’est un sentiment physique ou juste une sorte de, vous savez, la façon dont je pense à ce sujet qui me fait me sentir comme ça – mais le sentiment est un genre de… épuisement agréable, d’être, vous savez… satisfait dans le sens de , vous savez, vide ou quelque chose comme ça, ou, vous le savez, juste complètement… épuisé d’une manière agréable, alors que ne pas le faire – pas à l’orgasme ou éjaculer, et de se sentir satisfait à la fin de l’activité sexuelle est un peu comme un genre de sentiment plus sexy parce que je me sens encore… sexy, ou jusqu’à sentir… en quelque sorte allumé d’une manière, mais pas d’une manière physique, juste toujours sentir genre de…

Annie : Une sorte de rehauts… la conscience de votre sexe… quelque chose ?

David : Oui. Oui… et c’est plus gentil d’une certaine façon que de se sentir un peu fini… et je me demande si cela ressemble plus à ce que les femmes disent ressentir, vous savez, le genre de choses conventionnelles est que les hommes, vous savez, éjaculent, se roulent et s’endorment, et c’est fini pour eux, et il n’y a pas de sex-appeal comme ça, alors que les femmes, vous le savez, veulent continuer le contact physique, vous savez, pour mettre fin à l’activité sexuelle de façon plus progressive, ou ne pas y mettre fin et… continuer à caresser ou à embrasser ou à câliner ou quoi que ce soit, et peut-être à dormir comme ça et ça fait toujours partie du sexe. Et c’est quelque chose de plus proche du genre de satisfaction que j’ai d’une expérience sexuelle qui ne se termine pas avec mon orgasme ou mon éjaculation.

 

Les sources de cette étude que vous pouvez lire (l’intégralité est dans l’article)

 

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